Denis Matsuev

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Un colosse aux doigts de fée!

Dimanche soir, sur les conseils du chef d’orchestre, arrangeur et compositeur Anthony Rosankovic, nous sommes allés entendre le pianiste russe Denis Matsuev à la Maison symphonique. Pour un soir dit télévisuel, ce redoutable interprète avait fait salle comble, et ce fut amplement justifié.

Même si l’année est jeune, il y a de fortes chances pour que ce concert sous le signe du souffle divin et de la tempête, se classe en haut de l’affiche, comme le chantait si bien Charles Aznavour. Loin des mimiques, dont nous somme souvent témoin, Matsuev pour reprendre une expression sportive ne «  niaisa pas avec le puck ».  Après un salut cordial, sourire inclus, ce doux géant ouvrit son récital par un doublé Schumann qui comprenait Les scènes d’enfant et les huit fantaisies pour piano . D’un souffle, il offrait des visions poétiques et évocatrices avec un goût évident, pour le grain de folie. D’une patte fiévreuse, mais, oh combien maitrisée, ce couplage faisait office de fulgurance, comme un sorcier touillant une mixture robuste. Du grand art, mais le meilleur était à venir.

Plus Rachmaninov que Schumann, votre blogueur attendait donc ce moment. Dans le même état d’esprit, c’est à dire tambour battant, il attaqua donc : Études-tableaux Op 39 ainsi que la Sonate no 2. Oh Boy, quelle furia et quelle tempête !  Faisant vibrer le Steinway, il provoquait le dialogue, jetait une aura de puissance et d’émotions dans une salle presque bouche bée ! Il fallait être aux premières loges pour voir se développer une fusion entre l’interprétation... et la délicatesse des thèmes sous-jacents.

Visiblement heureux, le colosse donna trois courts rappels et surprise pour le quatrième, puisqu’il fut question de jazz avec : Caravan , Take The A Train ( Duke Ellington) et Someone To Watch Over Me. Messieurs du Festival, ne ratez pas cette «bête de concours».


Christophe Rodriguez 

Journaldemontreal.com

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